lundi 6 octobre 2008

Darfour

silence on tue........



Petit rappel de la crise au Darfour

La guerre qui fait actuellement ravage éclate en 2003, à ce moment-là, le gouvernement soudanais est en pleine négociation avec le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) de John Garang, qui était en guerre contre le pouvoir central depuis 1983. Il réclamait le partage équitable des richesses et du pouvoir car les réserves pétrolières sont au sud. Les négociations sont prêtes à aboutir quand les mouvements d’opposition au Darfour comprennent qu'une fois l’accord signé il sera trop tard pour faire parti du partage. John Garang leur a montré le fait que le gouvernement ne comprend que le langage des armes. Ils décident donc de passer à l’action. Leur mécontentement est d’autant plus grand que le pouvoir islamiste et autoritaire qui est en place depuis 1989, ne cesse de multiplier les décisions impopulaires au Darfour, notamment en divisant la région en trois provinces administratives et en réagissant à toute agitation par la manière forte. Le 25 avril 2003, les rebelles du Darfour attaquent l'aéroport d'El-Fasher, détruisent une bonne partie de l’aviation de combat, tuent 200 soldats, s’emparent de l'arsenal et capturent le chef de l'armée de l'air soudanaise.

Le gouvernement soudanais se sent humilié et trahi suite à cette attaque car la menace vient cette fois-ci du cœur du régime: le Darfour, considéré comme partie intégrante du nord du Soudan, est entièrement musulman et fournit 60% des recrues de l’armée. Contrairement aux sudistes, les Darfouris occupent des positions importantes dans l'appareil d’Etat, même s'ils sont sous-représentés à son sommet et au Parlement. Comme le régime ne peut pas compter sur l'armée régulière, démotivée et constituée de Darfouris, pour combattre l'insurrection, il constitue des milices tribales, surnommés les Jenjawids. Ceux-ci sont surtout recrutés parmi les petites tribus arabes pauvres. La stratégie est simple: par des massacres démonstratifs et une politique de la terre brûlée, le pouvoir cherche à enrayer la base même des rebelles, c’est-à-dire des populations entières. Le pouvoir entreprend donc une vaste opération de nettoyage ethnique à partir du début de l'été 2003.

La guerre civile se transforme en guerre contre les civils. Cette contre-insurrection, va durer un an.

Depuis février 2003, la guerre civile au Darfour a fait au moins 300 000 morts et plus de 2,4 millions de déplacés. L’accord de paix signé en mai à Abuja entre le gouvernement du Soudan et une partie des mouvements rebelles n’a pas mis fin aux combats. L’insécurité et l’impunité continuent de régner au Darfour. Les massacres, les viols et les pillages se poursuivent. Selon l’ONU, «la situation humanitaire n’a jamais paru aussi mauvaise, le nombre de déplacés n’a jamais été aussi élevé et, pour la première fois depuis 2004, la malnutrition dans plusieurs camps est au-delà des seuils d’urgence».

En 2004 il est officiellement établi que cette crise au Darfour est bien une crise humanitaire.


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